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Adieu Presbytie

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Résumé : La presbytie peut être retardée ou corrigée par des exercices de “convergence” utilisant de petites lettres imprimées comme cibles à fusionner. Ces exercices stimulent l’accommodation pour une meilleure vue de près. En les pratiquant, la vision peut être améliorée à la distance de lecture, réduisant le besoin de lunettes bifocales ou de lecture. Ces exercices contre la presbytie sont enseignés aux participants au moyen du Tableau de correction de la presbytie qui leur est remis.
Bio : Ray Gottlieb, O.D., Ph.D., combine la thérapie comportementale pour la vision de Bates, le travail corporel et la thérapie de la couleur syntonique pour améliorer la vision, l’apprentissage et les performances. Il pratique l’optomètrie comportementale à Rochester et Ithaca ainsi que la thérapie de la vision avec des étudiants en piano à l’Institut The Chautauqua, NY. Il est doyen du Collège d’Optomètrie Syntonique et il écrit et enseigne sur l’amélioration naturelle de la vision depuis 1971, après avoir éliminé sa myopie grâce au système Bates.

La presbytie peut être corrigée ou retardée en apprenant aux patients à croiser leurs yeux grâce au Tableau de correction de la presbytie. Je l’ai utilisé pour la première fois en 1976 avec un hypermétrope de 52 ans doté d’une acuité visuelle de 20/200 en vision rapprochée et de 20/40 en vision éloignée. Il avait la vision normale d’un quinquagénaire porteur de lunettes bifocales qui avait eu des lunettes de lecture dès l’âge de 40 ans. Après les manoeuvres de Bates, palming, sunning et fixation, je lui enseignai les exercices de convergence (croiser les yeux) et de divergence (décroiser les yeux) en utilisant un tableau comportant une paire de cibles séparées de deux pouces horizontalement. Deux semaines plus tard son acuité s’était accrue à 20/40 de près et à 20/20 à 20 pieds. Comment y était-il parvenu ? Il adorait les exercices de convergence et les pratiquait dès qu’il en avait la possibilité. Au travail il tournait sur son fauteuil pivotant en convergeant et en divergeant autour des cibles. Cela a-t- il dur? Trois ans plus tard, à l’âge de 56 ans, sa vue était encore meilleure.

Je peux lire des petits caractères sans effort même à l’âge de 59 ans. Quand à l’âge de 40 ou 45 ans j’ai commencé à ressentir le besoin de lunettes de lecture, j’ai pratiqué pendant plusieurs mois avec ce tableau et ma condition s’est améliorée. Ma vision de près reste claire bien qu’au bout de quelques mois elle commence à se brouiller, me faisant craindre d’être atteint par la presbytie. Mais ce n’est pas encore le cas puisqu’à chaque fois je ressors mon fidèle Tableau de correction de la presbytie et m’exerce pendant un quart d’heure plusieurs fois par jour en me relaxant pour clarifier les petits caractères. Après quelques jours mon accommodation revient et je n’ai plus à m’exercer pendant quelques mois supplémentaires. J’ignore s’il existe une limite d’âge. Récemment j’ai trouvé encourageant qu’un optomètriste de 75 ans qui portait depuis 20 ans des lunettes bifocales de +2,5 D se mette à la pratique des exercices. Au bout de quatre mois, il pouvait lire les plus petites lettres du tableau pour la presbytie sans aide à la convergence. D’autres optomètristes rapportent des résultats semblables.

Beaucoup de mes clients ont amélioré leur vue et leur sensation visuelle. Ils prennent plaisir aux exercices parce qu’ils s’y sentent bien même s’ils ont dû se forcer ou traverser une phase inconfortable au début. Ils font aussi les exercices de Bates, palming et sunning, pour relaxer leurs yeux et augmenter la circulation oculaire. Mais tout le monde ne tire pas bénéfice d’une pratique même personnalisée et tous les patients ne peuvent pas apprendre les exercices. Les gens qui souffrent de strabisme ou de problèmes binoculaires ne le peuvent pas. Ils ont besoin de protocoles thérapeutiques plus orientés vers la vision de base. Les gens qui ont des difficultés de convergence doivent d’abord exercer leur convergence avec des sauts près-loin et la poursuite de points proches.

Dans certains cas ces exercices provoquent un grand inconfort. Ces patients doivent être avertis de réduire leur initial travail de convergence à seulement 30-60 secondes à la fois. Ils peuvent pratiquer plusieurs fois par jour mais seulement par très courtes périodes. Au fur et à mesure qu’ils se sentent plus solides et plus confortables, ils peuvent graduellement porter leur temps de pratique à dix ou quinze minutes à la fois.

Comment apprendre aux patients l’usage du Tableau de correction de la presbytie ? Si un patient peut aisément croiser ses yeux, en tenir le tableau éloigné de 16 pouces, lui demander de se mettre “les yeux croisés” et diriger son attention vers les cercles en haut de la page. Déplacer le tableau plus près et plus loin jusqu’à ce qu’il voit trois points. Toujours veiller à ce que les points soient de niveau ou parallèles avec les yeux pour éviter d’introduire une disparité verticale.

Les patients qui ne peuvent facilement croiser leurs yeux peuvent apprendre à converger en utilisant un crayon (ou leur doigt) comme cible de fixation. Pointer le Tableau de correction de la presbytie entre, et juste sous, les points de la paire supérieure. Les patients doivent regarder le crayon tout en le tirant lentement vers le nez. Demander combien de points ils voient derrière le crayon. S’ils annoncent quatre, il faut déplacer le crayon plus près ou plus loin. Quand le crayon est à peu près à mi-chemin de la page, trois points vont magiquement leur apparaître. (Conseil : s’ils annoncent deux points seulement (ou s’ils en perdent trois) c’est généralement parce que les patients oublient de garder leurs yeux sur le crayon. À la place, ils regardent les points. Observer leurs yeux. S’ils cessent de fixer le crayon, le toucher pour leur rappeler où regarder. Leur faire prendre conscience du moment où le crayon se dédouble.)

Aider les patients à renforcer leur vision en continuant à voir trois points pendant qu’ils déplacent le crayon et le tableau ensemble vers la droite, vers la gauche, en haut, en bas, plus près, plus loin ou circulairement, tout en se levant, marchant ou s’asseyant. Leur rappeler de cligner des yeux et de respirer pour réduire l’effort au minimum. La cible ne doit pas pencher d’un côté.

L’étape suivante est de voir les trois points après avoir enlevé le crayon. Commencer en demandant aux patients de cligner rapidement des yeux tout en convergeant sur le crayon. Maintiennent-ils la convergence et les trois points ? Essayer de ralentir le clignement. Cela aide les patients à sentir la convergence. Leur demander alors de porter leur attention sur le point du milieu sans le perdre en concentrant leur esprit sur les points pendant que leurs yeux fixent le crayon. Quand ils peuvent réellement observer le point du milieu sans le perdre, leur demander de retirer lentement le crayon. Ils vont habituellement voir les trois points sans le crayon juste une seconde ou deux au début. Le succès viendra vite avec la pratique. Dès qu’ils peuvent garder trois points sans le crayon, pratiquer le déplacement de la cible comme décrit au paragraphe ci-dessus.

Maintenant qu’ils peuvent converger sans le crayon, la plupart des patients regardent spontanément les mots dans les paragraphes autour des points. Leur demander de regarder les détails des grosses lettres puis de passer aux lettres plus petites. S’ils ont de la difficulté à passer des points aux lettres, leur faire utiliser le support du crayon. Bientôt la plupart pourront déplacer leurs yeux en convergeant le long de la page sans crayon. Leur apprendre à se relaxer pour lire les petits caractères.

Comparer leur acuité en testant d’abord leur vue en regardant normalement. Repérer quelle ligne reste lisible avant que les caractères ne deviennent trop petits pour être lus. Puis tester à nouveau tout en convergeant sur la cible. La vue de près devrait être sensiblement meilleure en convergeant. Cette amélioration motive les patients à pratiquer. Ils doivent faire les exercices au moins dix minutes plusieurs fois par jour pendant un mois ou plus avant de retrouver l’accommodation.

Un éclairage intense augmente la clarté de la vision. Pour améliorer la vue de près, commencer avec un fort éclairage. Au fur et à mesure que les lettres apparaissent plus distinctes, réduire l’éclairage jusqu’à ce qu’elles soient distinctes en éclairage atténué ou même à la lueur d’une bougie. Retourner au fort éclairage et recommencer avec des caractères plus petits. Essayer aussi de travailler à une distance de douze, dix ou même six pouces. Changer l’éclairage, la proximité et la taille des textes pour trouver les limites de la vue de près. Rester à la lisière de la vision claire et au fur et à mesure que la lecture devient plus aisée, accroître lentement la difficulté des conditions de l’exercice. Finalement l’accommodation s’opère à la distance de lecture sans lunettes et sans besoin de convergence.

Les paragraphes sont disposés sur la page pour apparaître en 3-D. Converger sur des paragraphes adjacents fait couler celui du milieu derrière les autres. Diverger produit l’effet inverse : le paragraphe central flotte entre vous et la page.

Bien que le Tableau de correction de la presbytie se réfère seulement à la convergence, la divergence aussi a son importance. Pour apprendre aux patients à diverger sur les cibles, leur demander de placer la page sur leur nez avec la paire supérieure de points juste en face des yeux. Les encourager à feindre de regarder à travers les points la pièce derrière la page. Ils doivent voir un seul grand point juste en face d’eux. S’il en est ainsi, éloigner lentement la page jusqu’à ce qu’ils en voient trois. Leur donner la consigne de ne pas regarder directement la page mais de rester relâché et conscient de toute la pièce autour d’eux. Une autre façon de procéder est de replier en arrière le haut du tableau pour mettre les points juste en haut de la partie visible. Regarder un objet éloigné de quelques mètres. Remonter les points jusqu’à ce qu’ils soient juste sous la ligne de visé e à la distance d’environ 14 pouces. Voit-on trois points sous cette ligne ? S’il en est ainsi, remonter lentement le tableau sans changer la position des yeux. Essayer de garder trois points tout en regardant celui du milieu.

Si ces méthodes échouent, copier le Tableau de correction de la presbytie sur un transparent ou percer un trou au milieu des points pour regarder à travers. Cela permet de voir à travers le tableau (diverger) et de voir trois points. L’astuce consiste à regarder le point central sans le perdre. Les patients présentant le syndrome d’excès de convergence (esophores) ne peuvent diverger facilement. Leurs efforts pour y parvenir les conduit à converger plus au lieu de laisser aller. Habituellement les myopes divergent mieux sans lunettes. Des lentilles ou des prismes peuvent aider les autres dans l’apprentissage de la divergence. Un entrainement plus étendu de la vision peut être nécessaire.

L’objectif final est que les patients soient capables de diverger aisément sur les cibles et d’en voir clairement les caractères. La divergence peut faire apparaître le paragraphe central plus proche du patient, au dessus du reste de la page. Pratiquer le déplacement de la cible et du patient comme décrit plus haut.

Les patients doivent chaque fois pratiquer la convergence et la divergence, bien que l’une soit habituellement plus pratiquée que l’autre. Ils doivent aussi pratiquer avec et sans lunettes. Finalement ils doivent être capables de sauter de l’une à l’autre rapidement et en conservant une vue claire. Ainsi les domaines d’accommodation et de convergence s’étendent-ils de plus en plus.

Traduction : Gérard Métayer.

Par Ray Gottlieb, O.D., Ph.D.
raygottlieb@excite.com